20 décembre 2002 – 20 décembre 2020, il ya 18 ans, les rebelles attaquaient la ville de Bangolo, sauvé par le MI24, je me souviens encore comme si c’était hier

Comme on le dit en Afrique, on peut pardonner mais jamais oublier. C’est une histoire que j’ai vécu moi même. À chaque date anniversaire, j’ai l’impression d’entendre les kalachnikov et autres fusils d’assaut sonnés dans mes oreilles.

Dans cette crise qu’à connue l’Ouest du pays, Bangolo en a beaucoup souffert. Oui je me souviens de ce vendredi 20 décembre noir pour Bangolo. Ce jour là, j’étais assis tranquillement au Maquis  » Gôwai » de Chaly Bali avec mon ami Taddy Patrice et mon oncle Keme Charles. On partageait un repas « Kplé Baha » accompagné d’un vin Kiravi. Soudain, je reçois un appel me disant que les Rebelles sont au niveau de Logouale et qu’ils progressent vers Bangolo.

Il était 12h ce jour là. J’ai minimisé l’information et mes amis et moi avions commandés un deuxième vin. Jusqu’à 13h00, on entend les tires au niveau de la Gare de Man. C’était la débandade dans toute la ville. Pendant que mes amis ont pris la clef des champs, moi je me suis dirigé vers ma cour familiale car ma maman Tehe Ouli Pauline, la femme et les enfants de mon grand, mes petites soeurs et ma tante Dao Hortense y étaient.

Arrivé donc à la maison, nous nous sommes enfermés dans la grande villa de mon papa. Les appels téléphoniques venaient de partout. Mon frère Amos Beonaho, ma marraine Aimée Fernande Niaye, le doyen Emmanuel Dolly très inquiet n’arrêtaient pas d’appeler. Finalement, j’ai fermé mon téléphone car à cette époque, j’avais un siemes qui n’avait pas de système silencieux. 22h00, six personnes tous armés rentrent dans la maison.

Jusqu’aujourdhui, j’ai encore des frissons quand je pense à cette partie. Les Rebelles m’ont enlevés ainsi que le vieux Kpahi Augustin et deux de ses enfants. En route, le vieux a réussis à s’échapper (C’est un militaire à la retraite). Nous étions 3 pour finir. Ils nous ont conduit à la Gare de Man qui était leurs QG. Je ne pourrai dire plus à ce niveau. Interrogatoire sur la mort de Pipo, un des leurs qui avait été tué le matin ce jour par une foule qui avait vu une Kalachnikov dans sa main.

Nous avons étés torturés. Les Rebelles voulaient nous tués à petit feu. Je les suppliait pour qu’il me tirent dessus car ne voulant pas mourir à petit feu. L’un d’entre eux me disait (Tu penses qu’on va gaspillé notre cartouche sur toi? C’est avec ce couteau que je vais t’égorger). J’ai donc demandé qu’ils me laissent faire ma dernière prière. Chose qu’ils ont accepté. Heee…!! Gnonsoa, merci encore pour ton fils. Pendant que je priais, le MI24 est arrivé. Il était 1h du matin. Dès qu’ils ont vus l’Helico, ils ont pris la fuite. Nous aussi, on s’est cherché. Le lendemain matin, nous avons pris la route de Guehouo. Puis après 4 jours de marche. Nous sommes sortis à Dibobly en passant par Blenimeoue, Bangolo-Taouake, Nidrou puis le campement la maison Blanche. C’est de Dibobly nous avons pris un Car pour Abidjan.

C’est le lieu de rendre gloire au tout puissant car grâce à sa volonté nous sommes encore en vie. Nous prions pour le repos de l’âme de nos frères qui sont tombés pendant cette crise qui a endeuillé toute la Côte d’Ivoire. Aussi nous rendons hommage aux filles et fils de cette ville et ce département qui était défiguré et incendié qui par leurs actions est entrain de renaître. Dans l’union, la fraternité et le pardon, nous pouvons faire mieux pour notre cité.

Laissons le passé, pensons à aujourd’hui pour préparer demain. La vie est une continuité. Chaque personne, chaque peuple, chaque pays a son histoire. Que Gnonsoa veille toujours sur le peuple Wê. WÊHON AHOZIBO….!!!☆

Ambroise Bionao de Bangolo

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